Oui j’ai de la chance !

 

Tu en as de la chance, voilà la phrase que j’entends le plus depuis 10 ans, et qui fait sens en ce vendredi 13… Oui j’ai de la chance, mais voilà, la chance ne tombe pas du ciel, elle se crée; la chance n’est pas un bonbon rose dont on mange une bouchée tous les jours, mais un bonbon que l’on repense chaque matin et que l’on réinvente chaque soir…

Oui j’ai de la chance : je vis dans un pays que j’ai choisi, dans un pays que j’aime doublement plus que le mien parce qu’il m’a permis de réaliser mon rêve : avoir des enfants, ce que mon pays de naissance m’a refusé médicalement, l’île Maurice me l’a offert en deux coups de bistouri…

Oui j’ai de la chance : je vis d’un travail qui me passionne et me remue jusqu’au fond des tripes, je suis artisane du bonheur en entreprise… alors c’est vrai que dans ‘ma vie d’avant’, je galérais moins pour trouver des contrats, parce qu’ici, on ne me connaît pas… Mais, l’avantage dans ce pays où tout est à faire c’est que je mesure chaque pas, et que chaque pas est une victoire pour moi et pour les salariés mauriciens..

Oui j’ai de la chance : j’ai pu passer d’un travail qui me passionnait , traductrice et interprète dans le milieu médical, à un travail qui me passionne encore plus, tout en conservant ma première société… qui a évolué et qui, forte de sa majorité, attend patiemment que je lui trouve un gérant pour continuer à grandir de manière autonome…

Oui j’ai de la chance : j’ai un mari qui m’aime suffisamment pour accepter toutes mes fantaisies – même les plus folles, et qui, non seulement, les soutient mais en plus les adopte et y participe..

Oui j’ai de la chance : j’ai hérité du courage de ma mère et de la facilité d’apprentissage de mo

n père, le tout conjugué à ma faculté d’adaptation, je m’écris et je réécris ma vie chaque matin ouverte à mes besoins, à l’écoute des opportunités…

La chance se crée, la chance se saisit, c’est un travail de tous les jours qui me donne de l’énergie et qui me rend joyeuse… et ce sont cette joie et cette énergie qui m’amènent chaque début de journée à découvrir de nouvelles entreprises, à rencontrer des salariés usés et éreintés par leur rythme de vie et à partager avec eux une ou deux heures de respiration par ci, 30 minutes d’hypnose par là pour leur rendre le goût de la vie, la joie de vivre sous le soleil et le ciel bleu.

Aujourd’hui, quand je me retourne sur mon parcours de vie : je suis à ma place au milieu des bonnes personnes… J’ai quitté mon habit de stress et mon cercle vicieux, le jour où j’ai appris que j’étais stérile… un soir d’hiver seule à la maison avec mon chat, un animal qui avait plus d’amour à donner que les trois quart des êtres humains que j’ai pu croiser dans ma vie… et qui en trois miaulements et un plongeon dans la baignoire, m’a redonné l’envie de vivre et de me battre… “Je suis là moi ! et si tu n’as pas d’enfant, je veux bien l’être”… Ce soir-là j’ai décidé de changer de vie, de laisser mon mari refaire sa vie avec une femme qui pourrait donner la vie, de quitter mon pays, de laisser mes associés piloter mes entreprises et de partir… Au final, 6 mois après je loupais mon divorce, en me remettant avec mon ex-mari qui est aujourd’hui l’heureux papa de deux petits bonshommes… Nous avons laissé notre maison en haut de la montagne, sous la neige pour une villa sous les tropiques face à l’océan… Flocon a eu une sœur, Moufle puis une deuxième Craquotte, puis des neveux et nièces… Moufle nous a quittés après 15 ans de vie commune et Flocon a tiré sa révérence après une dernier câlin en juin. Il a laissé un vide mais il a surtout laissé une famille en paix : loin du stress, avec le bonheur d’une maison qui résonne de cris d’enfants…

Alors oui j’ai de la chance, mais je sais d’où je suis partie pour en arriver là, et je sais combien elle est précieuse et combien il faut être vigilant pour la préserver…

Et vous, votre chance vous vous la créez comment ?

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